Editoriaux


Allez tranquillement…

Chers amis internautes

Rassurez-vous, vous êtes toujours sur le site de la CONFRÉRIE FRATERNELLE DES JACQUETS DE FRANCE qui poursuit, paisiblement, sereinement, son chemin en parfaite adéquation avec ses valeurs.
Pour célébrer le retour du printemps et encourager toutes celles et ceux qui vont entreprendre une première ou énième pérégrination sur le Chemin de Saint Jacques, nous leurs offrons ce texte anonyme, trouvé dans la cathédrale Saint-Paul de Baltimore en 1692 et qui fait toujours écho...

Bernard LEFILS
Grand Commandeur

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Fête de la Nativité - Fête de l'Espérance

par Édouard FOURNIER-LAROQUE Grand Hospitalier sortant

Dans un précédent éditorial au printemps 2016, je vous avais soumis une réflexion sur l’Espérance en tant que deuxième vertu théologale.

Je vous invite d’ailleurs à la relire. Cette fin d’année 2016, me donne l’occasion de l’aborder sous un autre angle, celui de la Nativité, témoignage intemporel et universel, d’Espérance. La naissance de l’Enfant Jésus, fils de Dieu, par l’intermédiaire de la Vierge Marie, constitue l’élément fondateur central de la tradition chrétienne « Dieu a tellement aimé les hommes qu’il leur a envoyé son Fils ».

Cet enfant naît dans une grotte, et est déposé dans une mangeoire, entre l’âne et le bœuf. Il est très vite adoré par les bergers puis par les Roi Mages. La grotte, cavité naturelle, non construite de main d’hommes est par essence un haut lieu initiatique, que l’on peut assimiler à l’être intérieur, au cœur de l’homme. C’est également le lieu de l’enfouissement, de la mort, mais aussi celui de la renaissance. La mangeoire préfigure symboliquement qu’Il est appelé à être notre « nourriture » en devenant par la suite le Christ (le « oint ») :

« Ceci est Mon Corps, prenez et mangez, Ceci est Mon sang, prenez et buvez … ».

Le bœuf, dans l’antiquité représentait la fertilité, la puissance sexuelle. L’âne, représente l’homme basique, souvent travailleur assidu mais borné, têtu, Ils réchauffent l’enfant Jésus de leur souffle et pourtant ce souffle porteur des instincts basiques de l’homme est d’emblée maîtrisé par Celui qui est appelé à être le Christ, le nouvel Adam.

Le message est donc fort et clair : Jésus-Christ, Dieu incarné en homme nous montre le Chemin et le Sens de la Vie, qui consiste à maitriser nos instincts basiques et à nous élever petit à petit en spiritualité. Ou pour dire autrement, Dieu fait homme pour que l’homme se rapproche de Dieu. Il est adoré des bergers, des gens simples, dont le cœur ressent instinctivement l’Espérance universelle que porte ce nouveau-né.

Il est adoré des Rois Mages, des gens puissants, qui viennent s’agenouiller devant ce nouveau-né en qui ils reconnaissent le Messie. Ils représenteraient les trois continents connus à l’époque. Ils lui apportent l’Or, l’Encens et la Myrrhe, symbolisant les fonctions royale, sacerdotale et prophétique. Il bénéficie donc d’une reconnaissance universelle.

Quant à la date retenue du 25 Décembre, du solstice d’hiver, de la Saint Jean l’Évangéliste, elle représente la renaissance de la lumière après la nuit la plus longue, et donc l’Espérance de la Lumière qui croît, de la chaleur qui progresse, l’incandescence de la bûche qui se consume dans la Cheminée (Axis Mundi). Fête de l’Espérance bien sûr, mais aussi fête hautement initiatique.

Certes on retrouve de nombreux points similaires dans l’histoire de Bouddha, de Krishna, de Mithra, d’Horus. Il n’en demeure pas moins que notre calendrier occidental est basé sur cet évènement central du Christianisme, que nous en sommes imprégnés depuis environ 2000 ans et que cela fait sens. Je vous invite donc à l’occasion de ce message intemporel et universel d’Espérance autour de la nuit de Noël, à vous agenouiller humblement et sincèrement devant tout ce que ce nouveau-né porte en potentialité et en Espérance et « le reste vous sera donné par surcroît ».

Bonnes fêtes de Noël à vous et à vos familles, en plénitude du sens et de l’Espérance Christique.

  

Ultreïa et Suseïa

Par Tina Massis (convers)

Quand le pèlerin épuisé hésite à reprendre son sac pour continuer le Chemin…
Quand le bateau secoué par la tempête menace de perdre le cap pour atteindre le port…
Quand l’individu tout simplement cède au doute et renonce…

Il existe bien face au danger de la rupture la flamme de l’espoir, le miracle de la vie, la force de l’Homme…
Pas celui replié sur lui-même et prisonnier de ses démons, car celui-ci ne connaîtra jamais les plaisirs du partage, les joies de la convivialité, l’envie d’aller de l’avant coûte que coûte et avec les autres…
Mais celui qui saura surmonter ses blessures physiques et morales, vaincre ses incertitudes et ses désillusions sans baisser les bras face à l’adversité…

Alors le pèlerin ragaillardi ne se demandera plus ce qu’il fait là et reprendra son cheminement avec confiance…
Alors le bateau stabilisé sur un océan apaisé retrouvera son cap et pavoisera fièrement.
Alors l’individu s’ouvrira aux autres et apportera sa pierre à l’édifice du collectif.

Cette image du pèlerin est la représentation de notre Confrérie, cette métaphore du bateau l’illustration de notre Chapitre 2016 qui a dépassé par sa réussite et en dépit des obstacles toutes nos attentes…

3 jours sous un soleil radieux, comme un retour au calme après l’orage…
3 jours de bonheur partagé entre tous, dans la sérénité, la spontanéité et l’unanimisme…
3 jours qui donnent vraiment l’envie de regarder devant vers un futur plein de belles promesses…

 

  

L'espérance

(Moteur d'un pèlerinage - moteur d'une vie- moteur du pèlerinage de la vie)

par Édouard FOURNIER-LAROQUE Grand Hospitalier

« C’est la Foi qui est facile et de ne pas croire qui serait impossible. C’est la Charité qui est facile et de ne pas aimer qui serait impossible. Mais c’est d’espérer qui est difficile…
Et le facile et la pente est de désespérer, c’est la grande tentation.
La petite espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs et on ne prend pas seulement garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut ; sur la route interminable, sur la route entre ses deux sœurs la petite espérance s’avance…
C’est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est. Et elle (l’espérance) voit ce qui sera.
La Charité n’aime que ce qui est. Et elle (l’espérance) aime ce qui sera. »

( Charles Péguy – Le porche du mystère de la deuxième vertu)

« Vous qui craignez Dieu, croyez en Lui, de même espérez en Lui et de même aimez Le ». (L’Ecclésiastique 2 - 7,8,9 )

La Foi, l’Espérance et la Charité (c a. d. l’Amour du prochain), sont des vertus qui nous ordonnent à Dieu : elles sont donc théologales.

Le dictionnaire est très précis et assez décevant sur ce thème:

espoir voir espérer et dans espérer on trouve à espérance : « sentiment de confiance dans l’avenir».
C’est peu et c’est confus tant l’Espérance me paraît différente de l’espoir.


Un dictionnaire philosophique avec une définition plus nuancée de l’espérance, permet de mieux s’engouffrer dans cette différence ; je cite : « Attente ouverte, ne portant pas sur des résultats externes (comme l’espoir), mais sur l’accomplissement de l’être personnel ou sur un changement radical de la condition humaine. Voilà qui fait interférer une dimension transcendantale.


Quand nous parlons d’Espérance, nous sommes dans la relation singulière qui unit l’homme à son Créateur.


L’espoir est un sentiment humain : « j’ai bon espoir d’y arriver » ou bien « je n’ai pas grand espoir » autant de formules qui consistent à essayer de scruter l’avenir, d’établir un pronostic. Alors oui, on peut dire que l’espoir est un sentiment de confiance ou non dans l’avenir.


Mais il en va tout autrement de l’Espérance. L’Espérance est d’essence divine, et bien que tournée vers l’avenir, elle nous habite dans le présent. Dans ce sens, Espérer, c’est accepter l’incertitude du lendemain, et avoir confiance aujourd’hui, non pas confiance dans les événements qui demeurent imprévisibles, mais en Dieu qui les dirige et qui nous aime.


« Faites consciencieusement votre devoir, donnez-vous bravement à votre tâche et ayez confiance dans votre Père des Cieux qui connaît vos besoins » nous dit l’Évangile.


Ainsi l’Espérance ne se fonde pas sur l’impossible sécurité du lendemain, mais elle nous procure une relative sérénité dans l’insécurité quotidienne. C’est aujourd’hui, ici et maintenant que nous espérons, sans rien savoir de ce que demain nous réserve et c’est en Lui que nous espérons.

« Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai la Terre » disait Archimède.


C’est en prenant appui sur le socle de la Foi, que le levier de l’Espérance, nous met en mouvement vers la Charité.


Campée entre ses deux grandes sœurs que sont la Foi et la Charité, la petite vertu de l’Espérance, comme l’appelait Charles Péguy, a ceci de spécifique qu’elle est dynamique.
Dans notre pèlerinage sur la Terre, c’est en partant de la Foi, et en cheminant dans l’Espérance, que nous tendrons vers la Charité.
En effet, de même qu’on a coutume de dire que c’est le chemin qui fait le pèlerin, c’est l’Espérance qui confère au pèlerin terrestre son statut de croyant, au cours de son cheminement sur cette Terre.


Si la Foi est la première des vertus théologales, puisqu’elle est à la base de tout,
si la Charité est la plus grande d’entre elles, puisqu’elle seule subsistera à la fin des temps,
leur petite sœur Espérance, la deuxième vertu, est le véhicule, le moteur qui anime notre pèlerinage terrestre pour aller de l’une à l’autre.


Charles Péguy a intitulé son œuvre sur l’Espérance : « Le porche du mystère de la deuxième vertu ».


Curieux titre me direz-vous pour parler de l’Espérance : « Le porche du mystère de la deuxième vertu ». A y regarder de plus près, pas tant que cela, car ce titre est parfaitement concis et ciselé à l’image des cherchants que nous sommes, en quête du Beau, du Vrai, du Principe initial, intemporel et immuable.


- deuxième vertu : nous venons d’expliquer pourquoi elle se situe très logiquement entre la Foi et la Charité,


- mystère de la deuxième vertu : en effet puisque si la Foi et la Charité sont relativement faciles à appréhender, il n’en est pas de même pour l’Espérance qui demeure une énigme difficile à préciser,


- porche du mystère de la deuxième vertu : porche à la fois humble passage et porte transfigurante. Humble passage parce que l’homme au moment de son passage sous un porche ne peut que se sentir petit, humble et pauvre, comme écrasé sous la magnificence de l’édifice ; et porte transfigurante dont le franchissement lui donne accès au sein d’un espace sacré, à un état de réceptivité spécifique, indispensable à sa quête spirituelle.


Ainsi donc l’Espérance ne prend tout son sens que si l’homme est en état de la recevoir.


Un père accueille simplement et sans question, un fils parti étudier à la ville et qui revient après beaucoup de temps sans avoir donné de nouvelles. Avec joie et simplicité et sans trop parler ils passent à table. Au cours du repas, le père s’adresse à son fils :
- « Mon fils toi qui as étudié, tu pourras peut-être trouver un moyen de faire cela : enlever ce gros caillou qui est dans le jardin, et le porter au sommet de la colline ».
Toute la journée, le fils essaie de déplacer la lourde pierre, usant toutes les ressources de sa force, de son intelligence, toute sa ruse et tout son muscle ; rien n’y fait, la pierre ne bouge pas. Au soir il revient dépité et tout penaud vers son père : « non père, je n’ai pas réussi, c’est impossible ».
Le père sourit alors doucement. « Tu aurais pu la briser, et la porter morceau par morceau. C’est pareil pour le cœur, mon fils ».
- « Comment çà papa, c’est pareil pour le cœur ? ».
- « C’est pareil pour le cœur, mon fils. Le cœur ne bouge que brisé ».

Le cœur ne bouge que brisé et c’est l’Espérance qui le broie, qui broie chaque grain de blé que nous sommes sous la meule de la vie afin que ce devenir inéluctable de poussière de farine puisse sous le levain de l’Espérance, se transformer en pain de vie.


Prenons garde à sauvegarder précieusement cette petite flamme, fragile et vacillante de l’Espérance, cette faible lueur qui ne pénètre qu’à peine les ténèbres et ne fait qu’ajouter à la pénombre qui cache les perspectives de la vie future. C’est ce voile mystérieux que la raison humaine ne peut traverser sans le recours de cette Lumière qui vient d’en haut.


Quant à l’interrogation que suscite l’engouement chaque année croissant, du Chemin de Compostelle ainsi que tous les Chemins de spiritualité à travers le monde, je laisse à Théodore MONOD, ce très grand pèlerin de la Vie, qui a cheminé au cours du siècle écoulé, le soin d’apporter les plus belles réponses qui soient.


« Jamais je n’ai aussi bien pensé, n’ai autant vécu, n’ai autant été moi-même que dans les longs voyages que j’ai fait seul, à pied » (Théodore MONOD, Sciences et Avenir janvier 2001)


« L'homme moderne redoute le silence car il pressent, confusément, que le silence est une terre de confrontation avec l'essentiel, avec nous-même, avec notre vocation d'homme. Il faut plonger dans le silence comme on s'aventure dans le désert. Il nous faut retrouver le chemin du silence » (Théodore MONOD, Terre et Ciel)


ULTREÏA !

 

  

Éditorial

Le Donativo en question !

Les pèlerins de Compostelle s’émeuvent depuis quelques temps au sujet de l’interpellation dont font l’objet Marie et Jean-Marc Lucien dans le cadre du gîte qu’ils tiennent à Saint-Privat-d’Allier et qui fait partie des hébergements recommandés par notre confrérie…
Que reproche t-on à Marie et Jean-Marc ? Tout simplement de pratiquer  le « donativo » permettant aux pèlerins de participer aux frais engendrés par l’hébergement en fonction de leur possibilité financière. Cette façon de faire existe depuis bien longtemps tant au niveau de la France qu’au niveau de l’Espagne, pratique d’ailleurs fort répandue en pays ibérique…. Et permet aux pèlerins les plus humbles de pouvoir cheminer, eux-aussi, sur nos beaux chemin de Compostelle.
Cette pratique me semble en parfait accord avec l’esprit du chemin et avec la fraternité qui trouve sa libre et logique  expression dans le cadre des pèlerinages et plus particulièrement sur les chemin de Compostelle…
Je sais que certains membres de la confrérie qui sont également hébergeurs ont parfois de la difficulté à admettre ce qu’ils considèrent comme une pratique déloyale vis-à-vis de leur hébergement soumis à des règles fiscales et administratives quelque peu différentes….
La confrérie pense, en toute objectivité, que « le chemin » doit être ouvert à tous, quels que soient leurs moyens, qu’il y a la place pour tous les hébergeurs quelle que soit la forme juridique qui préside à leur fonctionnement. Il faut aussi savoir que cette pratique du « donativo » représente une très faible part sur l’ensemble des hébergements recensés….
Sur les chemins de Compostelle, chaque hébergeur peut également donner une orientation, une spécificité à son établissement…. C’est ainsi que des hébergements laïques peuvent côtoyer des hébergements à orientations religieuses ou spirituelles sans que cela puisse poser problème … La confrérie a toujours rappelé depuis son origine la richesse de la diversité…
Il serait souhaitable, dans ce genre de circonstance, que les autorités ecclésiastiques  puissent prendre position et ne restent pas   impassibles  devant le problème d’autant que la quasi-totalité des hébergements qui pratiquent le « donativo » sont portés par la charité prônée par la religion…. Il leur faut encore prendre en compte qu’il s’agit la d’une « première » qui risque de s’étendre sur toutes les maisons confessionnelles dont ils ont la charge. La menace est évidente et  Dieu ne doit pas être le  seul à reconnaître les siens…
Par ailleurs, il serait intéressant de demander  à Monsieur le  maire du Puy en Velay de nous donner son sentiment sur cette affaire puisqu’à lui seul il monopolise une grande partie des actions menées au nom des chemins de Compostelle  de France, de Galice auxquels on ajoute les Chemins européens…
La confrérie, soucieuse de l’évolution des mentalités actuelles qui consistent à vouloir  « toujours plus » en termes de matérialité au détriment d’une spiritualité qui ennoblit l’homme,  tient à proclamer haut et fort sa réprobation  vis-à-vis de l’attaque dont est victime un de ses hébergements recommandés et fait confiance au libre arbitre et à la conscience de chacun qui  seuls, sont  à prendre en considération.


Pierre CATOIRE Grand Commandeur d'Honneur

  

Nécrologie

Monseigneur Brincard n'est plus....

Mgr Brincard nous a quittés ! Notre confrérie voulait lui rendre un vibrant hommage, lui qui fut si proche de sa bonne ville du Puy en Velay et des pèlerins de Compostelle avec lesquels il aimait dialoguer et qu’il savait encourager lors de la messe des pèlerins qu’il célébrait avec chaleur quand ses multiples activités lui en donnaient la possibilité. Notre confrérie l’avait rencontré à plusieurs reprises et tout particulièrement lors de notre Chapitre 2010 tenu en la cité mariale. Nous garderons l’image d’un évêque avec lequel le contact était simple et riche, démuni de tout artifice, et dont la vie consacrée à Dieu était un superbe exemple de générosité et d’amour du prochain. Les pèlerins de Compostelle perdent en lui un atout majeur pour que le chemin reste essentiellement une pérégrination axée sur l’amour et la fraternité et dont le liant n’est autre que la spiritualité que Monseigneur Brincard incarnait si bien au sein de la religion catholique et que nous défendons partout où elle est mise en exergue quelle que soit son origine. La confrérie des Jacquets de France s’associe à l’immense peine de sa famille, de ses proches et de tous ceux qui l’ont approché en témoignant à tous notre sympathie attristée…

Pierre Catoire

 

  

Le mot du Grand Commandeur...

Partir?

La période des vacances est un moment propice au changement et au dépaysement, certains partent au bord de la mer, à la montagne ou à la campagne, d’autres et ils sont nombreux, en témoigne le nombre de visites sur notre site, décident de franchir le pas et de répondre à l’appel du chemin.
Mais comment faire le chemin d’une seule traite, partir plus de deux mois alors que l’on a une activité professionnelle et que notre temps libre est compté ?
Alors on se dit qu’on pourrait faire un test, partir une dizaine de jours, pour voir, mais on hésite …
Nous sommes souvent sollicités sur notre site par ce genre de question et inlassablement je réponds : l’important est de faire le premier pas, la magie du chemin agira toute seule et un jour, vous m’enverrez une carte postale de Santiago.
On ne s’engage jamais sur le chemin par hasard et je pourrais même citer un grand nombre de randonneurs curieux qui se sont transformés en pèlerins sans s’en rendre compte.
Le chemin de Saint Jacques n’est pas un chemin comme les autres, c’est une expérience de vie exceptionnelle où l’on peut faire de l’ordre dans son intérieur. On se retrouve face à soi-même et on ne peut pas tricher, finit les apparences et les faux fuyants, on marche et on se découvre tel que l’on est. On met ses pas dans ceux de milliers d’autres pèlerins, depuis des siècles et cette énergie nous ressource et nous donne la force de continuer.
Le chemin se mérite, et pour ceux qui hésitent encore, allez-y, faites ce premier pas qui transformera votre vie.

Michel LARRUE

  

Petites pensées pour ces attributs qui nous sont chers, à nous,Pèlerins: Nos pieds!

Avril 2014

«  Je ne suis qu'un piéton, rien de plus »  disait Arthur Rimbaud.

Quel pied en premier, le droit ? , le gauche ?
Mais avant tout, ne pas trébucher, garder l'équilibre, avancer sagement, gagner du
terrain, jour après jour, pas après pas.
Pied droit ? Pied gauche ? La marche est une métamorphose de la vie.
Marcher, c’est faire aller ses hanches, ses jambes, ses pieds et c'est progresser sur la 
planète et pour nous, pèlerins, c’est progresser sur notre chemin.
Pied droit, pied gauche, rien n'est plus simple et rien n'est plus complexe, rien n'est plus
quotidien, ni plus lourd de sens, ni plus imprégné de douleurs et de plaisirs mélangés.
Prenons le temps de contempler nos pieds : c'est avec ça que nous marchons depuis
l'aube des temps et que nous arpentons la terre.
Çà, c'est à dire 26 os, comme notre alphabet, 26 par 2 = 52 un vrai jeu de cartes avec
des noms qui font travailler l'imaginaire:

Talon d'Achille : mais avait-il un nom ce talon avant qu'Homère ne l'appelle ainsi ?
Astragale : avec la notion d'astre qui fait rêver
Phalanges : évoquant la poussière des armées romaines marchant à travers la Gaulle.
Cunéiformes: rappelant les tablettes de cire exhumées des sables du Moyen Orient.
Tarse : la ville d'Asie Mineure où naquit St Paul

Les pieds reflètent notre corps, notre tout, notre passé et notre présent sont inscrits en
eux .Ils sont une cartographie de notre vie.
Savez vous que les doigts de pied correspondent à la partie céphalique du corps ?
Alors un petit conseil : quand des pensées multiples vous agitent, pour retrouver le
calme dans la tête ; marchez sur la pointe des pieds !!
Nos pieds sont notre prise de terre.
En contact avec le sol, ils captent l'énergie tellurique, mais ils y libèrent également
toutes nos tensions, tous les pèlerins l'ont ressenti un jour ou l'autre !!!

Nous sommes le seul primate qui peut rester aussi longtemps statique sur ses 2 pieds
Horizontalité des pieds, horizontalité du regard, mais bien sûr, verticalité du corps
Quelle belle harmonie entre le monde terrestre et le monde céleste !
Quelle belle colonne !
Mais colonne mobile dont la base – le pied – doit tout à la fois supporter la
charge (sacré sac à dos !!), maintenir l'équilibre (traitrise des cailloux !!)
et assurer le déplacement (c’est encore loin ?)
Nos pieds sont des équilibristes méconnus, des artistes dont nous exigeons
inconsciemment : force, adresse, agilité, résistance.
De grands modestes qui réalisent chaque jour, sans rechigner, le tour de force de nous
transporter par monts et par vaux, par tous les temps, à tous les rythmes
Les pèlerins que nous sommes ne peuvent que les remercier !!

Le pied porte également une notion d'origine, car c'est le premier bourgeonnement  de
l'embryon, mais également une notion de fin , n'est ce pas « les pieds devant »  que se 
termine notre périple terrestre?
Il y a, bien sûr, un lien entre notre plante des pieds et « la plante », ce végétal bien                      
ancré au sol !
Le pèlerin chemine entre 2 voûtes : sa voûte plantaire et la voûte céleste.
Quelles magnifiques ramifications invisibles entre le microcosme et le macrocosme !

Pèlerins, rappelez vous  Vézelay et ces sculptures aux figures acrobatiques
Les pieds joignant la tête sur l'occiput: Ouroboros réunissant la tête aux pieds, ce
ciel-terre des hommes.
Ces acrobates seraient-ils possesseurs de la connaissance des 2 mondes ?
Auraient-ils retrouvé la route des étoiles, de ces étoiles dont nous sommes peut-être
issus et qui nous guident en direction de St Jacques ?
Nous connaissons tous ce respect des pieds faisant partie des devoirs d'hospitalité :
coutume et  réminiscence du lavement des pieds que le Christ fit à ses disciples                                             
la veille de sa mort en signe d'humilité et de charité fraternelle, que nous  pratiquons
nous aussi, au sein de notre Confrérie.
Le seul mot de marche libère des rêves inexprimés, des besoins d'espace, des désirs
de liberté, d'aventure, d'ouverture d'esprit ?
Petit clin d'œil à Aristote, ce philosophe grec qui enseignait en marchant dans son
école péripatéticienne.
Les pèlerins seraient-ils des péripatéticiens qui s'ignorent ?
En conclusion, mes chers Confrères et Consœurs pèlerins et pèlerines, faisons
notre ce précepte de vie bouddhiste non  seulement dans notre vie mais aussi et
surtout sur  notre Chemin :

«  Si nous sommes dans la bonne direction, tout ce qui nous reste à faire, c'est de
continuer à marcher «

Claudine Buty Grande Maîtresse des écritoires

  

Le mot d'une femme de pèlerin....

Partir ou Rester...

Cinq ans ont déjà passé depuis ce 5 Avril 2009 où je l'ai vu partir sans vraiment mesurer la force ni les enjeux de cette quête incoercible ...

Je fixe dans mon esprit l'image de sa silhouette déterminée mais en même temps si fragile: c'est vrai qu'il a failli mourir 3 fois, c'est vrai qu'il est loin d'être rétabli, c'est vrai qu'il part tout seul ...Quelle sera la place de son courage et de sa volonté, quelle sera celle de ses limites et de ses incertitudes? Pour moi qui reste, j'ai bien l'intention de le suivre pas à pas, et tandis que son corps cheminera vers Compostelle, ma tête et mon cœur tenteront de l'accompagner dans ce voyage qui me fait si peur...

Tout a été minutieusement programmé par ses soins jusqu'à "Puente la Reina": près de 700 kms qu'il accomplira opiniâtrement malgré des conditions climatiques défavorables ainsi que de nombreux moments de solitude et de grand doute.

J'entends presque chaque soir sa voix au téléphone, puis je coche fièrement sur le papier l'étape du jour tout en essayant de n'en retenir que les bons moments: la joie d'une belle rencontre , le plaisir d'un repas partagé, la découverte d'un site ou d'un monument  particulier , la beauté d'une nature pas toujours hostile...

Mais aussi comment ne pas frémir quand je l'imagine seul sous la pluie et le vent, seul au milieu de nulle part?

Et puis la magie du Chemin a opéré! D'abord pour le "conduire" encore 1000 kms de plus jusqu'au but ultime de Saint Jacques de Compostelle, ensuite pour "l'imprégner" de ce besoin irrésistible  de repartir encore et encore: 2010 (année jacquaire), 2012,2013 et bientôt 2014...

Quant à moi qui depuis reste encore et encore, votre confrérie m'offre l'opportunité de partir à mon tour...Je souhaite donc que ce projet de voyage organisé à Compostelle voie le jour, car il me permettra de pouvoir enfin poser mes pieds dans l'empreinte de ses pas...

 

Tina MASSIS, à Hugues MASSIS

  

Le Mot de notre Grand Maître des Ecritoires

POURQUOI ?

La voilà la question récurrente, qui est, soit posée directement, soit sous-entendue, parfois légèrement voilée, mais que l’on ressent systématiquement, dès que nous dévoilons à quelqu’un notre part d’intimité : « J’ai fait le chemin de Saint Jacques de Compostelle » Pourquoi ? Cette question est souvent empreinte d’incompréhension, d’incrédulité, de suspicion et heureusement plus souvent d’admiration ou de respect. Pourquoi avoir décidé un jour de fermer notre porte, laisser notre famille et nos amis, pour suivre le chemin avec pour tout bien, notre maison pour quelques semaines, ce sac sur notre dos, rempli de choses rudimentaires, indispensables et pourtant déjà trop lourdes. Pourquoi avoir tout quitté pour endurer des jours et des jours de marche, sur une terre inconnue, affronter les éléments, le froid, la pluie, le soleil intense de la meseta. Les muscles sont tétanisés et les pieds endoloris, les ampoules nous rappellent que le chemin se mérite et les tendinites nous ramènent souvent à notre dure réalité. Cependant, ne sachant pas nous-mêmes pourquoi un jour nous sommes partis, nous adaptons notre discours à notre interlocuteur, inquiets de son jugement, mais avec le secret espoir, en cas d’écoute positive, d’échanger plus longuement avec lui et peut-être de lui donner envie de faire, lui aussi, le premier pas. Il est difficile en effet de tenter d’expliquer qu’un jour nous avons senti qu’il fallait le faire, qu’une force indéfinissable avait décidé pour nous, que nous étions enfin prêts. Certains avec l’idée de ne marcher que quelques jours, d’autres avec en vue l’objectif final tant convoité. Ce qui compte, c’est le premier pas et la magie du chemin se charge du reste. Et là enfin une fois le premier pas réalisé, suivi des autres, la Récompense. Partage, échanges, fraternité, entraide, solidarité, amitié avec des hommes et des femmes venus de tous les continents et qui ont en commun les valeurs du Camino. Nous mettons nos pas sur ceux de milliers d’hommes et de femmes qui ont entrepris, depuis des centaines d’années le même périple, et les monuments que l’on croise, sont les marques de leur passage, et de leur foi, qu’ils ont laissées, pour nous et les générations futures. Nous sommes les maillons de cette chaîne sans fin qui unit les pèlerins de tous les âges et perdure depuis des siècles. Pourquoi enfin rejoindre notre confrérie ? Après une expérience aussi intense, on aimerait la faire partager à la terre entière et nous nous heurtons parfois à un mur d’incompréhension, expliquer l’inexplicable est toujours difficile. Alors retrouver des hommes et des femmes avec le même vécu, partager nos expériences, échanger nos anecdotes, nous replonger dans notre parcours, aider ceux qui hésitent, nous permettent ensembles de vivre des moments privilégiés. Alors pèlerin, si toi aussi tu adhères aux valeurs de notre confrérie et qui nous sont chères, viens nous rejoindre, nous avons tant à partager.

Michel LARRUE

  

Le mot de notre Grand Hospitalier

Avril 2013

L'hospitalité qu'il m'échoit l'honneur d'assumer au sein de notre confrérie, repose sur trois piliers : l'écoute, la bienveillance et l'entraide. Ce ternaire trouve son unité dans un lien amical et confraternel fort que nous tissons...

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En avant toute ...

Déc. 2012

Notre confrérie profite de cette période hivernale pour « peaufiner » son fonctionnement et développer sa communication rendue nécessaire par la mise en place de nouvelles provinces qui renforcent notre implantation sur l’hexagone. En Auvergne, en Mars prochain, 14 confrères pèlerins vivront ...

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Plaidoyer pour un projet fédérateur

Sept. 2012

Les chemins de Compostelle sont présentement victimes de leur succès et deviennent très souvent des "produits marketing"aux enjeux économiques.Des dérives sont très souvent mises en exergue nuisant à tous ceux qui considérent que ces chemins ne sont pas...

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Les chemins de Compostelle : le passé, le présent et l'avenir !

Mars 2012

Avec le retour des beaux jours nos amis pèlerins ne vont pas tarder à charger leur sac, lacer leurs chaussures et reprendre le chemin. On est interrogatif devant ce phénomène qui fait que, chaque...

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Compostelle : Un chemin pour tous !

Déc.2011

"Pourquoi stipulez-vous, sur votre site, que vous n'avez pas de caractère confessionnel?". Cette question nous revient régulièrement et ne nous étonne guère puisqu'effectivement nos actions et orientations sont bien en phase avec les préceptes du monde judéo-chrétien. Ce qui nous a amené à préciser cette indépendante vis à vis des religions c'est...

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Compostelle : Pour que tout ne soit pas n'importe quoi !

Sept. 2011

Ayant passé quelques jours à pérégriner cet été sur le chemin d'Arles avec un confrère nous avons été surpris de constater des modifications notables sur le parcours qui nous était proposé....Ce confrère, en effet, qui avait emprunté ce chemin cinq ans auparavant, ne le reconnaissait plus... Il semblerait...

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Attention danger ...

Juin 2011

La communauté de communes du Puy en Velay souhaite valoriser le chemin de Compostelle sur le plan économique et touristique et s'en donne les moyens en diffusant largement une page de publicité qui laisse entrevoir la mise en exergue d'un nouveau produit touristique...

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A l'écoute ...

Mai 2011

Depuis son origine notre confrérie tente modestement d’être à l’écoute de tous ceux qui prennent un jour le sac et le bourdon pour cheminer sur les chemins de Compostelle à la recherche des autres mais aussi d’eux-mêmes...

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Pourquoi existons-nous ?

Nov. 2010

Nous vivons une époque curieuse et pleine de paradoxe…. Il ne se passe pas un jour sans que soit évoqué le désir qu’ont bon nombre de structures associatives, confessionnelles ou laïques de rassembler et de respecter toutes les convictions qui ne soient pas fascisantes bien évidemment. Ces « vœux pieux » sont pourtant assortis...

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Une chaîne d'union indestructible ...

Juin 2010

La confrérie a vu le jour parce qu'en tant que pèlerins nous pensions , il y a 6 ans déjà, qu'il était indispensable...

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Pourquoi ce nouveau site ?

Avril 2010

Vous decouvrez notre nouveau site... Nous avons voulu, en effet, prendre en compte les suggestions et remarques des internautes qui nous ont visité sur la "toile". On a beau dire...

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Relier

Sept.2009

Je viens d'achever ma pérégrination sur le chemin du Piémont pyrénéen qui relie Narbonne à Saint Jean Pied de Port en traversant...

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La Confrérie a désormais se charte

Avril 2009

Désormais les pèlerins et convers qui souhaitent intégrer notre structure doivent préalablement être en accord avec...

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Où en sommes nous ?

Janv. 2009

Créée et reconnue en 2004 notre Confrérie Fraternelle des Jacquets de France s'achemine paisiblement vers ses cinq années d'existence...

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Le Parrainage

Mai 2008

Les statuts de la Confrérie Fraternelle des Jacquets de France précisent dans leur article 5 que pour devenir...

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Pour une évolution maîtrisée

Déc. 2007

Les pèlerins et les convers de notre confrérie ont vécu de bien riches journées lors du dernier Chapitre de Saint Emilion...

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Bonne rentrée ...

Sept. 2007

La rentrée est là... Le soleil est sur la pente descendante mais cet apparent déclin nous stimule et nous incite...

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La spiritualité : Pierre angulaire de la Confrérie

Juin 2007

L'objectif majeur de la Confrérie Fraternelle des Jacquets de France est à la fois simple et ambitieux: il se veut...

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Trois ans déjà ...

Mars 2007

Depuis trois ans qu'à l'initiative de trois pèlerins auvergnats notre Confrérie Fraternelle de Jacquets de France a vu le jour...

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Pourquoi ? Pour qui ?

Janv. 2007

Nous sommes souvent questionnés sur l'option que nous avons prise: Pourquoi une confrérie et pas une association?

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Le Chapitre Alsacien : "Une fraternité renforcée"

Nov. 2006

Nous avons vécu de bien beaux et forts moments lors de nos rencontres d'Octobre dernier...

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Plaidoyer pour les chemins de Saint Jacques

Sept. 2006

La rentrée est là ... Vite la rentrée !!! On ne peut pas être plus consensuel ... Et pourtant ...

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Editorial 3 - Mai 2006

Mai 2006

Parmi les projets envisagés par la confrérie, il en est un qui nous tient particulièrement à coeur...

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Editorial 2 - Décembre 2005

Dec. 2005

En fin d'année 2005 nous avons organisé une rencontre en Auvergne regroupant des "cheminants" venus...

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Editorial 1- Septembre 2005

Sept. 2005

Depuis la création de la confrérie nous sommes sollicités par bon nombre de pèlerins qui manifestent...

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St Davy

Mercredi 20 Septembre 2017